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La Bulle littéraire d'Eulalie : Interview de Bruno Choupaut pour "Une affaire ordinaire"

  • Photo du rédacteur: Rédaction TST Radio
    Rédaction TST Radio
  • 17 janv. 2024
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 févr.

Retrouver l'interview de Bruno Choupaut pour son polar Une affaire ordinaire par Eulalie le 6 décembre 2023.








C’est le retour de la bulle littéraire où j’ai la joie d’avoir un premier invité dans cette bulle littéraire qui n’en avait pas.

C’est Bruno Choupaut qui va nous faire frissonner avec son premier polar qui est sorti cette année. Une affaire ordinaire, on parle d’un triple meurtre à Rouen deux victimes presque centenaires et une septuagénaire. Des crimes horribles mélangeant la vengeance, l’histoire et la torture.

Comment ça va Bruno ? Première interview pour ton polar, pas trop stressé ?


Ça va bien. Malgré tout ça

 

J’ai fort apprécié ton polar que tu m’as offert au salon de la musique de Rouen organiser par TST. Dans tes remerciements, tu remercies Isabelle, Aude, Michel et Jean qui t’ont donné des encouragements pour aller au bout de ton projet mais qui ont subis tes états d’âmes. C’est quoi un auteur de polar ?


Un auteur de polar c’est beaucoup de temps derrière un micro portable, c’est parfois des nuits difficiles on n'arrive pas à dormir on se demande ce qu’il se passe. On se dit « bah faut que j’aille écrire » donc on y retourne et puis le lendemain on s’aperçoit que ce n'est pas bon donc on enlève puis on continue et ça avance comme ça. Ça reste quand même un vrai plaisir, on va dire ce qui est. Parce que je n’ai pas mis longtemps à écrire, j’ai mis deux mois et demi à peu près.

 

C’est relativement rapide

 

J’écris au kilomètre, c’est-à-dire que j’écris comme ça me vient. Et après je taille s’il y a des choses qui ne vont pas. Je n'ai pas enlevé énormément de choses. J’ai laissé au naturel tel que ça venait au niveau de l’histoire

 

Comme tu m’as dit en off que tu n’es pas du tout dans le milieu de l’écriture avant ça.  Tu as été à la poste dans la musique…


J’étais dans les lettres déjà (Corentin amateur de jeux de mots fait remarquer que celui-ci n’est pas si mal). La poste c’était pour vivre disons-le comme ça, et ma passion c’était la musique. J’ai fait 40 ans de musiques car j’étais percussionniste de jazz dans la région rouennaise, en particulier un groupe « Le big band Christian Garros ». Et puis il a fallu que j’arrête, je ne suis plus tout jeune j’ai des problèmes d’épaule je ne peux plus faire un concert entier. Après une période difficile, c’est difficile d’arrêter une passion surtout quand tu n’as pas envie d’arrêter. Il y a eu un phénomène qui a fait que je me suis mis à écrire, c’est venu comme ça et puis, puis voila


On est passé d’un art à un autre


Oui on va dire ça. Moi je me sens pas artiste au niveau de l’écriture soyons claire. Moi je m’appelle « Scribouillard » je me revendique absolument pas du titre d’écrivain. Dans ma tête je suis un scribouillard. Mais il est bien quand même mon polar.


C’est ce que tu mets tout de suite dans ton préambule, « Il s’agit pour moi de me divertir en écrivant et puis de faire fonctionner un petit peu mes neurones »


Oui c’est ça, c’est-à-dire que je voulais c’était surtout retrouver une occupation qui m’intéresse en somme comme la musique aurait pu m’intéresser si j’avais continué. Et c’est devenu un plaisir supérieur à la musique. Y a un phénomène qui est très marrant. Sur ma page Facebook j’avais mes instruments de musique, j’étais derrière mes instruments. Je viens de les enlever, et je viens de mettre le bouquin à la place. C’est-à-dire que la page musique se tourne vraiment. J’ai été à un concert la semaine dernière et c’est la première fois qu’a un concert je n’ai pas les boules car je ne joue pas.


C’est un travail du deuil de la musique ?


Appelons ça comme on veut, appelons ça un deuil, appelons ça autrement c’est pas grave. Mais oui c’est difficile d’arrêter quelque chose qu’on a aimé faire pendant des années.

 





Comme je l’ai dit, triples meurtres dont de la torture sur des personnes presque centenaires, et une septuagénaire. Comment on imagine des scènes aussi horribles ? et comment on en dort la nuit surtout ?


Je sais pas. On en dort pas forcément bien. Je suis un peu insomniaque faut dire ce qui est, donc j’écris pas mal la nuit c’est vrai. Mais, je sais pas comment ça vient. Ça vient, par rapport au personnage eux même. C’est-à-dire quand on lit le bouquin on s’aperçoit d’où viennent les personnes, quel a été leur milieu familial, comment ils ont été élevés etc. Ça engendre depuis des années une espèce d’explosion. Il faut que ça sorte à un moment. Et c’est sorti à ce moment-là quoi.

 

Toujours dans ton préambule, tu t’excuses auprès des historiens, des policiers qui te lisent « qu’ils ne m’en veuillent pas si des incohérences apparaissent, il ne s’agit pas pour moi d’écrire précisément le réel mais de construire une histoire sortant de mon imaginaire ». Mais pour autant tu as fait un véritable travail d’historien de la Première Guerre Mondiale à nos jours, comment on s’organise dans nos recherches ?


Alors deux choses, d’abord au niveau de l’histoire. Quand j’étais au lycée, ça fait longtemps, j’ai jamais appris une leçon d’histoire, j’ai toujours adoré ça et j’ai toujours eu d’excellente notes. Ça m’a toujours passionné je suis une éponge, ça veut dire que quand ça me passionne j’engrange et ça reste. Il y a peut-être des dates qui ne sont pas très justes, des choses qui sont peut-être pas complétement véritables. Ce n’est pas important, l’important c’est d’avoir cette notion d’évolution dans le temps etc. C’était une façon pour moi de faire avancer l’histoire. La clé du roman c’est l’histoire.


Mais t’inquiète pas, c’est ce que je te disais. Je suis licenciée d’histoire, comme 75% des gens ici présent autour de la table et en régie, et j’ai pas dit, « Oh mon Dieu il s’est trompé ».


J’ai pas fait d’étude d’histoire car j’ai un vieux bac. C’est pareil au niveau de la police, et de la justice, je dis « que les policiers ou les magistrats ne m’en veuillent pas », il est possible que j’aie fait des erreurs, je connais pas. J’ai jamais subi un interrogatoire de police, j’ai jamais été policier. Voila c’est possible qu’il y ait des erreurs. Je me suis un peu renseigné quand même. J’ai été voir des gens qui pouvaient me donner des conseils, en particulier un ami, que je salue là avec qui je joue au billard, et qui est un ancien commandant de police. Il a répondu à deux questions, il ne m’a pas du tout expliqué comment fonctionnait la police. J’avais des manques sur comment fonctionnait la police. Et il m’a dit « Ah non ça se passe pas tout à fait comme ça ». Ça m’a permis de pas écrire trop de bêtises.

 

Et pour finir sur le préambule, tu mets que « les personnages n’existent pas dans la vraie vie ». Ils auraient pu. Tu t’appelles Bruno Choupaut, l’un des personnages principaux c’est Choupinet. Choupinet c’est toi c’est ton alter ego ?


Non ce n’est pas mon alter ego. Disons que nous avons des traits de caractère communs. Je ne suis pas Choupinet et il n’est pas Choupaut. Mais pareil dans tous mes personnages il y a des traits de caractère que j’ai pris sur des gens que je connais. Y a pas une seule personne que je connais qui est entièrement décrite dans ce livre-là, c’est des bouts de ces personnes que j’ai mis bout à bout pour faire mes personnages. J’ai inventé mes personnages, mais oui y a un peu de moi dans l’histoire. Le fait d’être en colère parfois un peu bêtement c’est un peu moi oui. 


Tout le livre se passe à Rouen, en particulier quartier Brisout de Barneville, un petit peu le quartier Jouvenet. Pourquoi Rouen ?


Bah parce que j’y suis né, que je connais. Pour un premier c’est plus facile. C’est tout bête mais c’est ça. C’est beaucoup plus facile de décrire, pour moi c’est plus facile de décrire Rouen qu’une action se passant à Brest ou à Strasbourg, connaissant beaucoup moins bien ces villes-là. Je vois mal comment je pourrais amener les choses. J’ai cherché des éléments, sur lesquels je n’avais pas beaucoup de recherche à faire, pour pouvoir justement évoluer dans mon histoire.

 

Et puis pour l’histoire, pour la façon de s’ancrer dans l’imaginaire.



Oui pour moi c’est plus facile. Toute l’évolution, qui se passe à Rouen, les lieux ce n’est pas un hasard si c’est ceux-là.

 

Tu as des anecdotes des références à Rouen dès le début. Rien que la foire Saint-Romain entre autres, c’est la première mention de Rouen dans le livre.


Dans le premier paragraphe je crois. Cauchemar il s’appelle (le chapitre), c’est un vrai cauchemar.

 




Comme tu nous l’as dit tout à l’heure. J’aimerais plusieurs anecdotes sur le livre. Mais pourquoi Cauchemar ?


Pourquoi Cauchemar ? Alors Vous avez deux minutes ? Comment le livre est né, au départ j’avais absolument pas envie d’écrire. Je ne savais absolument pas que j’allais écrire un livre. Et un jour sur Facebook j’ai vu une amie qui tient un site, qui s’appelle L’art sous toute ses formes qui a posté une photo. C’était la photo d’un intérieur d’appartement ou il y avait en lumière qu’un écran d’ordinateur, d’un micro portable avec une grande fenêtre. Et dans cette fenêtre, il y avait d’’abord les lumières de la ville à l’extérieur, et de la pluie sur les carreaux. Et donc dans son commentaire, elle a mis, c’était pour faire écrie les gens « Vous Écrivez huit lignes quatre-vingts pages, ça n’a aucune importance. L’importance c’est de mettre ces huit mots là, » et j’ai trouvé ça super marrant comme idée. Et donc j’ai fait mon petit machin car j’adore c’est peu truc et j’ai répondu. Et du coup ce que j’ai écrit c’était un flic en planque, c’est le cauchemar. C’est-à-dire que c’est un flic en planque sur un serial killer. Mon bouquin c’est pas du tout un serial killer, un flic en plaque. Mais je voulais absolument ce passage-là, qui avait été la naissance du bouquin soit dans le bouquin. Ça aurait été trahir le livre si je ne l’avais pas mis.  Donc il fallait que je l’arrange un peu pour pouvoir l’inclure, et je l’ai inclus comme un cauchemar. Et donc c’est pour ça qu’il est là. Et je ne regrette pas, en définitive ça donne le ton du bouquin.

 

Ça amène le cauchemar réel justement qui va arriver. Puis c’est que tu me disais. « Surtout accroche toi pour la partie trois on ne s’y attend pas », mais la partie trois est vraiment bien. On se dit « bizarre ce qui se passe, il se passe ça sans spoiler sans rien on se fait bon, je passe à la fin et puis BAM on a le retournement de situation. C’est vraiment bien.


J’aime bien ça, tu endors un peu les gens, et d’un seul coup tu leur dis, ah bah non c’est pas ça du tout.

 

J’ai su en exclusivité que tu étais en pleine, non plus en pleine écriture, le deuxième est déjà écrit.


Le deuxième est déjà écrit, je l’ai écrit en un mois, cet été pendant l’Armada. C’est venue comme ça et ça s’appelle Quai mortel à l’Armada c’est la suite de la même brigande criminelle, ce n’est pas la suite d’Une affaire ordinaire. C’est la même brigade criminelle qui a un autre meurtre à résoudre. On trouve à l’arrière des quais, pendant l’Armada, le cadavre d’une jeune fille qui est une étudiante rouennaise, la brigade essaie de résoudre cette affaire. Et puis vient se rajouter un élément extérieur, qui est un déserteur de chez Wagner. C’est toute cette histoire qui s’imbrique. Alors c’est une vision qui, c’est un polar car c’est quand même une enquête, c’est un polar qui se passe très rapidement, en six jours. C’est pas le même type d’écriture, il faut écrire très vite. Enfin c’est marrant comme tout comme expérience, et puis il vire un peu sur la partie politique, espionnage. Les dessous de la politique mondiale à l’heure actuelle. J’aime bien écrire en rapport avec l’actualité. Le troisième pareil il sera avec l’actualité.

 

On pourra te retrouver plein de fois à TST.

J’espère te retrouver bientôt pour te parler de ton tome deux, puis je te remercie pour ta venue.



Noter dans vos agenda la séance de dédicace le 20 janvier à la librairie Colbert



Interview : Eulalie Och

Transcription : Eve Malrait


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